• chapitre douze

    Lundi 7 avril

     

     

         Larcher introduisit la clé, donna un quart de tour et, de la main gauche, releva la porte du garage qui bascula en couinant, sans résister pourtant. Le 4X4 le regardait de ses gros yeux d'insecte myope. Il était couvert de poussière et de boue séchée mais il l'attendait, patient et disponible. Larcher se retourna vers Coralie.

           - Tu sais, faudra qu'on le révise un de ces jours. Qu'on vérifie que tout va bien. On lui a fait subir un sacré rodage...

               - Tu t'y connais, toi, en voitures ?

       Il eut un petit rire.

               - Je crois pas qu'on puisse dire ça... Enfin, je sais faire une vidange quand même...

       La jeune femme n'était déjà plus intéressée par la conversation. Elle contemplait le parc qui resplendissait sous le soleil. Les premiers bourgeons étaient apparus depuis longtemps et toutes les plantes se préparaient pour un nouveau printemps. Le vert pâle des feuilles naissantes nuançait de douceur la terre qui se réveillait de son hibernation. La nature ne se soucie guère des malheurs des hommes, pensa-t-elle, nostalgique. Elle revint à son compagnon.

              - Tu pars combien de temps ?

         - Je fais le plus vite possible. D'abord le supermarché, l’essence et après, si je trouve pas l'électrogène, je file sur Sézanne. Mais rapide, hein, uniquement pour repérer. Disons, deux heures au grand maximum. Je serai de retour avant 4 heures. Tu es sûre que tu ne veux pas venir ?

         Elle secoua négativement la tête.

          - Non, je suis encore fatiguée et puis... j'ai pas envie de revoir... tout ça. Pas aujourd'hui. Mais, toi, sois prudent, hein ?

              - Promis. Au premier truc un peu suspect, je rapplique dare-dare, tu peux compter sur moi. A propos, je te le répète encore : tu t'enfermes bien. Et tu branches les alarmes, ajouta-t-il en grimpant dans la voiture.

         Elle le regarda sortir la voiture puis, fragile silhouette dans le contre-jour des vitres, descendre doucement l'allée. Il la salua d'un petit signe de la main avant de disparaître sur la route, derrière les arbres. Elle écouta diminuer le ronronnement du moteur rapidement couvert par les sifflements aigus d'une bataille d'oiseaux. Elle revint à pas lents vers la maison, verrouilla consciencieusement la porte d'entrée et s'assit sur le canapé du salon. Elle avait dressé dans sa tête toute une liste de tâches plus ou moins urgentes à faire mais elle n'arrivait pas à se décider. Ce n'était pas le fait de se retrouver seule pour la première fois depuis si longtemps qui lui pesait. Elle était réellement fatiguée. Fatiguée de sa dernière nuit à se retourner dans son lit, sans trouver le sommeil. Fatiguée aussi par tous les événements qu'elle venait de vivre et qu'elle arrivait seulement maintenant à commencer à intégrer. Elle se renversa en arrière en soupirant et ferma les yeux. Cette nouvelle vie si inattendue, si dérangeante. Cette nouvelle existence de solitude. Sans les autres. La nuit précédente, lors d'un de ses rares moments d'assoupissement, elle avait rêvé à ses parents, à son frère. Qu'étaient-ils devenus ? Que leur était-il arrivé ? Etaient-ils encore vivants, ailleurs, à se demander si elle aussi... ? Comment faire pour savoir ? Comment les rechercher ? Par où commencer ? Ne valait-il pas mieux... Après, impossible de retrouver le sommeil. La vie sans les autres, sans ses amis. Une existence étrange, comme si elle était en vacances loin d'eux mais pour toujours. Elle sentit une larme poindre au bord de sa paupière. Julien avait raison : c'était de se retrouver enfin à l'abri, après toutes les horreurs qu'elle avait vues, toutes les épreuves qu'elle avait subies, qui, par une sorte de tension tout à coup retombée, la rendait si fragile. Il lui faudrait, elle en était persuadée, bien des jours encore, pour se remettre, pour s'adapter. Mais elle avait de la chance : qu'aurait-elle fait sans Julien ? Sa présence la réconfortait, lui redonnait le courage de poursuivre. Et puis, échanger des mots, même pour ne rien dire, savoir qu'un autre attendait votre aide, vos réactions, vos impressions, devoir compter avec quelqu'un, étaient un stimulant fantastique. Seule, aurait-elle pu seulement se laisser aller à dormir ? Comment ne pas croire que...

              - Bonjour, toi.

         La voix la fit sursauter si fort qu'elle faillit tomber du canapé. Elle se retourna brutalement en portant ses mains à sa poitrine, incapable de croire ce qu'elle voyait. Un homme était là, debout, à la fixer. Ou plutôt quelque chose qui ressemblait à un homme tellement il était sale, couvert de terre, les vêtements informes et sans couleurs. Il avait les mains dans ses poches et se balançait imperceptiblement d'avant en arrière, comme s'il était à la recherche de son équilibre. Un bonnet informe était enfoncé profondément sur son crâne. Pourtant, dans l'ombre de ce qui lui tenait de visière, elle pouvait voir ses yeux. Des yeux sans cesse en mouvement, aux paupières battantes, et qui la regardait avec une avidité méchante. Un Viral ! Ici !

       L'homme avança un pas vers elle puis s'arrêta. Un étrange sourire, presque un rictus, déforma sa bouche. Sans cesser de la fixer, d'une voix étrangement rauque, il reprit :

              - Alors, Coralie, tu me dis plus bonjour ?

         Les yeux écarquillés, elle se redressa.

              - Mais qu'est-ce... C'est toi, Laurent ? C'est toi ?

     

     

       Larcher gara son véhicule sous l’auvent latéral du centre commercial, à l'endroit où jadis étaient déchargées les livraisons. Il n'avait aucune idée de la taille et du poids d'un groupe électrogène aussi avait-il pensé que, même s'il trouvait quelque part un diable ou n'importe quel matériel roulant pour acheminer sa prise, moins il y aurait de chemin à parcourir, mieux cela vaudrait. Il arrêta le moteur et, se renversant en arrière contre son siège, se prépara à attendre les cinq minutes d'usage. Le chemin avait été sans surprise. A la sortie du village, il avait croisé les deux épaves, en tous points identiques à son dernier passage. Quelques centaines de mètres plus loin, il avait aperçu, sur le côté gauche de la route, le cadavre raide et gonflé d'une vache pattes en l'air. Dans la tranquillité avoisinante, cette vision morbide avait un caractère particulièrement saugrenu. Quelques secondes avant l'arrivée de sa voiture, une nuée de corbeaux et autres volatiles s'étaient enfuis, dérangés dans leur banquet improvisé et il avait détourné la tête pour ne pas en voir plus. Du coin de l’œil, il avait deviné une silhouette sombre qui s'enfuyait elle aussi, probablement un chien ou un renard. Il avait inconsciemment accéléré.

         Il abandonna le 4X4 qu'il ferma à clé, regrettant une fois de plus que l'alarme du véhicule, pour une raison qu'il ignorait, ne soit pas opérationnelle. Une de ses craintes les plus vives, qui revenait souvent dans ses cauchemars, était que, ressortant d'un magasin les bras chargés de victuailles, il ne retrouve pas la voiture. Il se voyait mal revenir à pied dans cet environnement hostile. Il ne doutait alors pas que, visible et vulnérable, il finirait par faire de très mauvaises rencontres. Il arpenta les lieux déserts. Il lui semblait que le désordre était plus intense qu'à sa dernière visite. D'autres étaient sans doute venus là pour se ravitailler et cela ne le surprenait guère. C'est le contraire qui lui aurait paru anormal mais quels que soient ces autres il ne tenait absolument pas à les rencontrer. Il sortit son revolver, s'assura que son fusil à pompe en bandoulière était accessible et redoubla de prudence. Le centre pour ce qu'il en voyait était vide et cela le rassura un peu. En revanche, il eut beau arpenter et fouiller les lieux, il ne trouva aucune trace de ce qui pouvait ressembler à un groupe électrogène et il se fit la remarque qu'il leur faudrait encore patienter. Peut-être devraient-ils pousser jusqu'à un magasin spécialisé - si Coralie en connaissait un dans la région - ou jusqu'à un chantier ou un camp de l'Armée. Une vraie expédition. Sa torche éclaira une boutique d’informatique dans la galerie marchande. L'endroit n'était pas engageant. On y avait habité récemment, cela se devinait aux vieilles bouteilles et boites de conserves vides qui étaient empilées dans un coin. Une odeur d'urine flottait sur l'ensemble et lui rappela ces vieux blockhaus allemands que, à la tête d'une horde de gamins tous aussi intrépides que lui, il visitait sur la plage de l'Atlantique où, enfant, il passait ses vacances. Un temps si lointain désormais. Dans une armoire qui faisait visiblement office de réserve, il poussa un petit cri de joie en tombant sur un matériel de transmission amateur qui leur permettrait peut-être de communiquer enfin avec le monde ambiant si, bien entendu, cela se révélait possible et surtout sans danger. Il était fou de joie, répétant sans cesse à voix basse : putain ! Le bol ! Le bol de trouver ça ici ! Il compléta avec un lot de batteries de réserve et avec des Talkies-Walkies qui pourraient sans nul doute leur servir, à Coralie et à lui. Il regroupa ses trouvailles dans un grand carton qui traînait et regarda sa montre. Il avait passé plus de temps qu'il ne l'aurait pensé aussi se hâta-t-il de regagner le 4X4. Ayant déposé ses trésors à l'arrière du véhicule, il s'accorda une minute de repos pour, après l'effort, ralentir son cœur et sécher sa sueur. Puis il embraya et quitta soulagé les lieux.

         A l'exact moment où il engageait sa voiture sur la route du retour, un groupe d'individus dépareillés et étranges investissait le supermarché par l'autre côté et se dispersait dans les couloirs à nouveau déserts. Sans qu'il le sut jamais, ce jour-là, Larcher avait eu la chance avec lui.

     

     

         Ils restèrent parfaitement immobiles l'un et l'autre durant plusieurs dizaines de secondes. L'esprit en déroute, Coralie cherchait à apprécier ce que changeait pour elle cette extraordinaire apparition. Lui, depuis qu'il était entré dans la pièce, ne la quittait pas des yeux, savourant ce moment exquis, sa surprise, son malaise. Elle ébaucha un geste pour se lever, pour venir malgré tout à sa rencontre, mais il l'arrêta d'un doigt tendu, dominateur.

              - Pas bouger !

       Elle se renfonça dans le canapé, incapable de penser, d'anticiper. L'état de son mari était effrayant. Elle ne l'avait reconnu, sans en être sûre, qu'à la manière dont il avait prononcé son prénom, réminiscence floue. Elle comprenait peu à peu qu'il devait être malade, vraiment malade, et plus cette idée faisait son chemin dans son esprit désorienté, plus la peur, massive, réductrice, s'emparait d'elle. Laurent regardait à présent tout autour de la pièce, comme s'il découvrait l'endroit pour la première fois. Il ne paraissait pas particulièrement agressif, simplement étrange, décalé. Elle essaya de rompre ce silence qui l'épouvantait.

              - Laurent, ça va ? Qu'est-ce que tu veux ? Tu as besoin... Tu as soif ? Tu veux boire quelque chose ? Manger ? Ou tu préfères d'abord parler ?

         Au son de sa voix, il avait à nouveau tourné les yeux vers elle, toujours souriant, toujours énigmatique, comme s'il prenait plaisir à la laisser dans le doute. Au bout d'une minute, avec du mal pour trouver ses mots, il reprit la parole.

               - Parler ? Parler ? Pour quoi faire ? Y a rien à dire. Tout est dit, tu le sais très bien. Comme tu sais très bien pourquoi je suis là.

                - Mais oui. Je pense que tu es venu te reposer, que tu es fatigué... Tu me raconteras ce que...

                  - Pas parler. C'est moi qui parle. Pas toi.

         Mais il ne semblait pas pressé. Il s'approcha de la table basse. Elle pouvait sentir l'odeur de saleté, rance et fétide, qui imprégnait son corps, ses vêtements. Il s'empara doucement du lecteur abandonné quelques heures plus tôt et le contempla religieusement, en le manipulant avec des gestes affectés.

              - C'est là-dedans qu'on te parle, qu'on te donne les ordres, n'est-ce pas ?

               - Que... qu'est-ce que tu veux dire ? Non, c'est...

         Sans écouter sa réponse, il avait fait un demi-tour brutal et, de toutes ses forces, il projeta l'appareil contre le manteau de la cheminée où il explosa.

         Retenant à moitié un cri de surprise, Coralie voulut se lever mais, d'un geste vif, il la repoussa dans le canap

             - Coralie, ma chère, ma tendre, ma douce Coralie, tu n'aurais pas dû, reprit-il en secouant gentiment la tête, non, non, tu n'aurais pas dû. Pas toi !

         Au bord de la panique, la jeune femme l'implorait des yeux, cherchait à l'amadouer, à le calmer.

             - Pas dû quoi ? Hein, Laurent, qu'est-ce que j'aurais pas dû ? Parle-moi ! Je comprends rien, tu sais !

              - Oh que si, tu comprends !

              - Mais non, je...

             - Pas parler, j'ai dit. C'est moi qui parle. J'ai tant à te dire avant de... On m'a prévenu, tu sais ! Maintenant, je sais tout. Je suis au courant. D'ailleurs, j'ai tout vu...

              - Vu ? Mais vu quoi ? Je ne...

             - C'est moi qui parle, j'te dis ! hurla-t-il. Toi, tu te tais, tu la boucles, compris ? Pas parler. C'est moi qui parle.

         Il laissa passer une dizaine de secondes de silence, les yeux fixés, comme englués, sur l'image de sa femme puis reprit d'une voix très douce :

             -  Ah, tu m'as bien pris - vous m'avez bien pris - pour un con, hein, tous les deux ? Mais tu pensais pas qu'on allait me prévenir. Tu te doutais pas qu'on allait me le dire, pas vrai ? Tu voulais faire ton sale coup en douce mais c'est raté. T'entends ? C'est raté, ma douce salope, raté !

         A nouveau sa voix s'était enflée en un crescendo incontrôlable. Coralie, terrorisée, ne savait plus quoi faire. Elle décida de se taire, de ne rien dire qui puisse attiser cette colère, cette fureur qu'elle sentait monter inéluctablement. Tandis qu'il tenait ses propos incohérents, elle cherchait un moyen, n'importe quoi pour échapper à ce dément. Car elle en était à présent sûre, ce n'était pas son mari mais un malade mental qu'elle avait en face d'elle. Elle aurait peut-être pu l'impressionner avec son revolver mais elle se souvenait l'avoir laissé dans la cuisine tant elle était persuadée que dans la maison... Elle ne devait pas laisser la panique l'envahir. Rester calme. Penser seulement à sortir de cette situation atroce. S'enfuir. Se mettre à l'abri. Attendre le retour de Julien. Le prévenir. Avec lui, envisager... Mais comment ? Comment ?

         Laurent s'était mis à marcher de long en large pour s'arrêter brutalement par moments comme pris d'une idée subite puis il repartait dans son monologue. La jeune femme guettait le moindre moment de relâchement, d'hésitation pour agir, bondir du canapé, se jeter hors du salon. Une seule tentative. Une seule. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur.

              - Car je vous ai vus, toi et cette ordure. Deux ordures, t'entends ? Ah, ça, vraiment, on peut dire que vous allez bien ensemble, tous les deux ! Mais vous pensiez pas que je vous attendrais. Vous saviez pas qu'on allait me prévenir, hein ? Vous avez bien dû vous marrer, va. Pendant que moi, je devais me battre pour survivre, pour pas crever. Crever. Ca vous aurait bien arrangé, hein, que je crève ? Mais pas de bol : je suis là. Eh oui, mesdames et messieurs,  le cocu revient. Il est là, le cocu, face à la salope, et il demande des comptes, maintenant. Va falloir payer sinon y aurait pas de justice, pas vrai ? Je suis sûr que tu t'attendais pas à ça, pas vrai ? Sale putain, je... je...

         Soudain, comme s'il était à court d'arguments, Laurent sembla se radoucir. Il regarda sa femme avec attention. Seul un tic qui lui déformait la joue par moments traduisait sa rage. Faisant un immense effort sur lui-même, il ébaucha un sourire et, d'une voix tout à coup doucereuse, il susurra :

              - Allons, ma chère Coralie, voilà que je m'emporte. Je m'emporte, je m'emporte et j'oublie l'essentiel. Tu sais, moi j'ai pensé à toi pendant que tu m'oubliais, pendant que tu étais partie t'amuser et que tu rigolais de moi avec l'autre. J'ai beaucoup pensé à toi et je me suis dit : qu'est-ce que je pourrais bien lui rapporter comme cadeau à ma femme que j'aime tant, à ma douce Coralie, à celle qui est la lumière de ma vie comme je te disais dans le temps, tu te rappelles ? J'ai cherché, cherché et puis... Voilà, je t'ai ramené un petit cadeau qui te fera plaisir. Mais si, mais si !

         Laurent porta la main à la poche arrière de son pantalon et en sortit une sorte de petite boite noire oblongue qu'il admira quelques instants en silence. Intriguée malgré sa peur, Coralie regarda, fascinée, l'objet que son mari caressait doucement. Elle n'arrivait pas à voir exactement de quoi il s'agissait et elle se pencha légèrement en avant. A deux mètres devant elle, Laurent releva les yeux et, par dessus la table basse qui les séparait,  lui adressa un sourire presque naturel puis, levant l'objet dans sa direction, il le caressa amoureusement pendant quelques secondes avant d'appuyer sur un ressort. Claquement sec. La lame acérée d'un couteau à cran d'arrêt, telle un serpent projeté hors de sa cache, brilla faiblement. Poussant un hurlement, Coralie lança ses pieds sur la table qui heurta violemment l'homme. Avant qu'il soit revenu de sa surprise, elle sauta par dessus le bras du canapé en direction de la cuisine mais il avait anticipé son mouvement et lui barrait la route. Hurlant toujours, elle se rua dans l'autre direction, vers la cheminée, évita la main qui se tendait et, renversant plusieurs chaises sur son passage, elle se précipita vers l'autre porte. Le couloir qui donne à droite sur les chambres. Demi-tour à gauche vers la cuisine. Elle sent le souffle du dément presque sur sa nuque. Un bras la saisit. Elle entend le rire satisfait de l'homme. Il la plaque par derrière contre le mur, l'immobilise. Elle crie, secoue la tête, implore. Il murmure des paroles incompréhensibles. De sa main gauche, elle essaie de repousser sa main à lui qui approche le cran d'arrêt de son cou. Submergée par la terreur, la jeune femme lance sa main droite au hasard. Des caisses. Le matériel de Julien. Ses doigts se referment sur la hachette dont il se sert pour rectifier les planches. Elle projette l'objet, en bas, vers l'arrière, ne rencontre que le vide. La lame du couteau est à deux centimètres de sa peau. Elle redonne un coup de hachette à l'aveuglette. Cette fois, l'acier se plante dans le genou de l'homme. Laurent hurle de douleur, relâche sa prise, appuie sa main sur le mur pour conserver son équilibre. Coralie se retourne à moitié et, de toutes ses forces, elle lance la petite hache contre le mur, sur la main. Le cran d'arrêt vole en l'air. Trois doigts, la moitié du poignet ont été tranchés net. Le sang gicle et l'aveugle en partie. Au bord de la défaillance, assourdie par leurs cris, elle se précipite dans la cuisine, s'empare du revolver, lève la sécurité et se retourne. Il est là qui marche en zigzaguant, la main tendue d'où le sang coule par saccades. De l'autre, il a repris son couteau. Elle ne sait plus rien, ne comprend plus rien. Une seule idée : sauver sa peau. En pleurant, elle crie :

              - N'avance pas. Fous le camp. Je vais tirer.

         Il s'avance vers elle. Lui aussi pleure.

           - Coralie, ma chérie. Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi ? Je n'aime que toi. Tu sais bien que je t'aime. Je t'aime !

         Il fait un pas vers elle puis un deuxième. Elle tire.

     

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  • Commentaires

    1
    Kathy
    Dimanche 4 Janvier 2015 à 09:37

    vraiment passionnant et dire qu'il faut attendre la semaine prochaine pour avoir la suite  !


    happy

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